La Commission du Genre, de la Santé, de l’Action sociale et humanitaire (CGSASH) de l’Assemblée législative du peuple a initié une mission d’information sur l’insertion professionnelle des diplômés de l’Enseignement et de la Formation professionnelle et technique (EFPT). Ce vendredi 04 septembre 2026 à Ziniaré, la commission, conduite par la camarade Marie Angèle Tiendrebeogo, a échangé avec Noé NANA, secrétaire général de la COGEF-OUBRI.
Les échanges ont porté sur les difficultés qui limitent l’accès des diplômés à l’emploi, mais aussi sur les moyens de mieux adapter la formation aux besoins de l’économie burkinabè.
Pour Noé NANA, l’enjeu ne se limite pas à l’obtention d’un diplôme. « Il faut surtout transformer les connaissances acquises en compétences opérationnelles », a-t-il souligné, estimant que la véritable difficulté se situe dans la transition entre la formation et l’activité professionnelle.
À ses yeux, l’insertion doit être pensée dès la formation. Les établissements doivent davantage tenir compte des besoins réels des entreprises et associer le secteur privé à la conception des programmes, à l’organisation des stages et de l’apprentissage ainsi qu’à l’évaluation des compétences.
En tant que promoteur de structures de formation, il insiste également sur l’importance de l’alternance. « Le jeune doit pouvoir apprendre et, en même temps, être confronté aux réalités de l’entreprise », a-t-il expliqué.
Cette approche permettrait, selon lui, de réduire le déficit d’expérience qui constitue l’un des principaux obstacles à l’accès au premier emploi.
Plusieurs facteurs expliquent les difficultés d’insertion des diplômés. Noé NANA évoque notamment l’insuffisance des emplois formels, le décalage entre certaines formations et les besoins des entreprises, le manque d’expérience professionnelle et les difficultés d’accès au financement pour les jeunes qui souhaitent entreprendre.
À cela s’ajoute la nécessité de renforcer les compétences transversales, notamment la communication, la maîtrise du numérique, le travail en équipe, la résolution de problèmes et la capacité d’adaptation.
Le représentant de la COGEF estime par ailleurs que les métiers techniques et professionnels doivent être davantage valorisés. Dans un pays qui cherche à renforcer sa production et son autonomie économique, « le technicien, l’artisan et le professionnel qualifié doivent être considérés comme de véritables créateurs de richesse », défend-il.
Noé NANA recommande la mise en place d’un mécanisme national de suivi des diplômés. Celui-ci permettrait de connaître leur situation après leur formation, d’évaluer les taux d’insertion et d’identifier les filières offrant les meilleures perspectives.
Il préconise également une meilleure orientation des formations vers les secteurs porteurs, notamment le numérique et l’intelligence artificielle, les énergies renouvelables, la maintenance industrielle, l’agro-industrie, le BTP, la logistique et les télécommunications.
Pour lui, cette orientation doit aussi tenir compte des potentialités économiques de chaque territoire.
Au terme de son audition, le représentant de la COGEF a plaidé pour une approche globale associant l’État, les collectivités territoriales, les établissements de formation, les entreprises, les organisations professionnelles et les institutions financières.
« L’insertion ne doit pas être considérée comme ce qui vient après la formation. Elle doit faire partie intégrante du processus de formation », a-t-il insisté.
La mission de la CGSASH se poursuit avec l’audition d’autres acteurs concernés par la problématique. L’objectif est de recueillir leurs préoccupations, analyses et propositions afin de dégager des pistes susceptibles d’améliorer durablement l’insertion professionnelle des diplômés de l’EFPT au Burkina Faso.
Aboubacar ZOUNGRANA
