Dans le cadre du Mois de la femme, le journal Yirimedia a reçu, le 16 mars 2026, à son siège, Esther Bicaba/Yaméogo, présidente de l’Association Cœur de Femmes de l’Oubritenga (ACFO). Aujourd’hui reconnue comme une structure de référence en matière d’aide à l’enfance et à la femme dans la province, l’association œuvre depuis plusieurs années pour le bien-être des couches vulnérables.
Au cours de cet entretien, la présidente revient sur la genèse de l’association, ses actions, ses défis et ses ambitions
Entretien !

Yirimedia : Comment est née l’Association Cœur de Femmes de l’Oubritenga (ACFO) et à quel besoin répond-elle ?
Esther Bicaba/Yaméogo (EBY) : L’Association Cœur de Femmes est née de la volonté d’un groupe de femmes désireuses d’apporter leur contribution au développement de la communauté. À l’origine, nous étions une amicale appelée Cœur de Femmes, créée en 2020. L’association a été officiellement reconnue en 2022.
La majorité de nos membres viennent du milieu éducatif. En étant quotidiennement en contact avec les élèves, nous avons constaté que de nombreux enfants vivaient dans des situations précaires, ce qui constituait un réel obstacle à leur parcours scolaire. Face à cette réalité, nous avons décidé de nous organiser afin d’aider ces enfants à poursuivre leur scolarité dans de meilleures conditions. C’est ainsi qu’est née l’association.
Yirimedia : Avec le recul, peut-on dire que vos actions ont permis d’apporter des solutions concrètes ?
EBY : Nous avons, en tout cas, contribué à soulager certains enfants. Le problème est profond et persistant, mais selon nos moyens, Cœur de Femmes a toujours essayé d’apporter une réponse, même modeste, aux besoins identifiés sur le terrain.
Yirimedia : Quels sont les objectifs de l’association ?
EBY :Notre objectif principal est de promouvoir le bien-être social de la femme, de l’enfant et de la jeune fille.De façon spécifique, nous œuvrons pour :la promotion de l’éducation pour tous ,la prise en charge éducative des enfants vulnérables ; la formation et l’autonomisation des femmes et des jeunes filles.
Yirimedia : Quelles sont les principales activités que vous avez réalisées depuis votre création ?
EBY : Depuis 2020, nous menons des actions sur le terrain. Chaque année, nous organisons une journée de solidarité et de partage. Nous avons commencé par des dons de vivres aux personnes vulnérables.
À Ziniaré, nous avons déjà organisé trois éditions de ces journées. Par la suite, nous avons étendu nos activités à d’autres communes comme Dapélogo, Zitenga et Nagréongo, où nous avons également effectué des dons. Nous distribuons aussi des kits scolaires aux enfants. Depuis le début de nos actions, ce sont des centaines d’enfants qui ont été touchés. À chaque activité, nous accompagnons généralement plus d’une centaine d’enfants.
Yirimedia : Quels sont aujourd’hui les principaux défis de l’association ?
EBY : Comme beaucoup d’organisations, nous faisons face à plusieurs défis. Le premier reste le manque de financement. Les ressources financières sont difficiles à mobiliser, et nous fonctionnons surtout grâce à des bonnes volontés.

Il y a également le manque de partenariats structurés. Sur le plan interne, l’organisation n’est pas toujours facile, étant toutes des femmes.
Un autre défi important concerne les procédures administratives. Obtenir des autorisations pour mener certaines activités est parfois très long. Il faut remonter jusqu’au ministère, ce qui peut prendre plusieurs semaines, voire des mois. Cela entraîne des décalages dans notre calendrier d’activités. Nous espérons qu’une solution sera trouvée pour faciliter les démarches au niveau déconcentré.
Yirimedia : Quelle est votre plus grande ambition aujourd’hui ?
EBY : Notre plus grande ambition est de créer, à Ziniaré, un centre d’accueil pour les enfants vulnérables. Ce centre permettra de prendre en charge ces enfants, de suivre leur parcours scolaire et de former également les mamans. Nous espérons mobiliser les moyens nécessaires pour concrétiser ce projet qui nous tient particulièrement à cœur.
Yirimedia : L’ACFO est aujourd’hui bien connue. Quelle est la force de votre association ?
EBY : La force de l’association réside dans l’engagement de ses membres. Ce sont des femmes qui croient profondément en ce qu’elles font et qui s’investissent pleinement. Ce sont des femmes battantes, engagées et soucieuses du bien-être des enfants.
Yirimedia : Pour conclure, quel message adressez-vous aux femmes et aux jeunes filles ?
EBY : Je voudrais encourager toutes les femmes à rester battantes et à se battre pour leurs droits. La lutte n’est pas facile, mais elle en vaut la peine. J’invite également tout le monde à œuvrer pour la protection des jeunes filles, afin qu’elles puissent s’épanouir pleinement.
Le Citoyen