Ziniaré : une adolescence sous protection, l’exemple inspirant de Salimata, 13 ans.

Le soleil de fin d’après-midi de ce 28 décembre 2025 éclaire doucement la cité de Naaba Oubri. Les allées s’animent, les moteurs de motos ronronnent, des femmes échangent quelques mots avant de repartir, et des bambins jouent aux pneus, un plus. Dans ce décor quotidien de Ziniaré, destination : la boutique Wend Konta. Derrière le comptoir, un visage rayonnant, un regard vif, un sourire accrocheur. Salimata Yougbaré, 13 ans, accueille chaque client avec assurance et gentillesse.

Ph1: Salimata Yougbaré, dans une posture de service une cliente.

Elle plaisante, elle rit, elle rend la monnaie avec précision. Rien ne laisse deviner le parcours délicat qui l’a conduite ici.

Il y a quelques temps, la vie de Salimata et de sa famille a basculé. Originaire de Saatenga, dans la région de l’Est, la jeune fille a dû quitter son village à cause de l’insécurité. La famille trouve refuge à Zorgho. Mais Salimata, déscolarisée, se retrouve face à un avenir incertain. Son père s’interroge : comment la protéger, comment l’occuper utilement, comment lui éviter ce que l’oisiveté entraîne souvent comme dérives et dangers ?

Prosper Ouedraogo ,le patron du coin apprécie la maturité de la jeune Yougbaré

Alors, il pense à un ami de confiance. Prosper Ouédraogo, commerçant respecté de la ville, accepte d’ouvrir ses portes… mais surtout son cœur.

« Elle est la fille d’un ami, je me dois d’en prendre soin », confie-t-il, avec une sincérité touchante. Chaque jour, Prosper veille sur elle comme sur ses propres enfants. « Je regarde si elle a bien mangé. Je ne lui confie jamais de tâches pénibles. Elle est encore enfant, elle doit apprendre sans endurer »

Et apprendre, Salimata le fait avec enthousiasme.

« Je sais maintenant bien faire la monnaie ! » dit-elle fièrement, sourire franc. Cette expérience lui permet de s’ouvrir, de s’affirmer, de gagner confiance en elle. Elle confie d’ailleurs que sans cette opportunité, sa vie aurait certainement pris une autre direction, moins sereine.

Le commerçant, lui, admire sa maturité.

« Elle est très éveillée. Même mes enfants la voient comme un modèle. Ils admirent sa bonne humeur, sa responsabilité. »

Dans une région où beaucoup de filles déscolarisées se retrouvent mariées trop tôt, l’histoire de Salimata prend ici une valeur particulière. Ici, pas de contrainte, pas de charges pénibles. Juste une protection consciente, humaine, responsable. La boutique n’est pas un lieu de travail pénible pour elle ; c’est un espace d’apprentissage sécurisé, une passerelle entre l’enfance et l’avenir.

Et ses rêves ? Ils tiennent dans une phrase simple, spontanée, pleine de vie :

« Mon rêve c’est d’avoir de l’argent ! » lance-t-elle en riant. Derrière cette boutade se cache l’aspiration d’une jeune fille qui veut réussir, être épanouie, construire quelque chose.

À travers cette histoire, une leçon s’impose : protéger un adolescent, ce n’est pas seulement l’éloigner du danger ; c’est lui offrir un environnement digne, sécurisant, affectif et formateur. Grâce à la responsabilité d’un père et à la bienveillance d’un ami, Salimata grandit aujourd’hui avec espoir.

Et dans la boutique Wend …de Ziniaré, chaque sourire de la jeune fille rappelle qu’avec la solidarité et l’engagement humain, une adolescence peut réellement être sous protection — et ça change tout.

Alassane OUEDRAOGO

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