Ziniaré : les peines des détenus transformées en actions utiles

Le gouvernement burkinabè a officiellement lancé à Ziniaré, le samedi 2 août 2025, l’Initiative d’Appui aux Travaux à Haute Intensité de Main-d’œuvre (THIMO). Axée sur l’application de la loi relative au travail d’intérêt général, cette initiative marque un tournant dans la manière d’allier réinsertion sociale et amélioration du cadre de vie des populations.

 

Ziniaré, cité historique de la région d’Oubri, a vibré au rythme d’une cérémonie placée sous le sceau de l’innovation sociale et de la justice réparatrice. En présence de plusieurs membres du gouvernement, d’autorités locales et de partenaires techniques, le ministre des Infrastructures et du Désenclavement, Adama Luc Sorgho, a procédé au lancement officiel de l’Initiative THIMO, une réponse concrète aux enjeux du surpeuplement carcéral, de la réinsertion et du développement local.

Les ministres des infrastructures et du desenclavement et de la Justice

Portée par les ministères en charge des Infrastructures et de la Justice, cette initiative repose sur la mise en œuvre de la loi du 8 novembre 2024 relative au travail d’intérêt général (TIG). Elle permet aux personnes condamnées à des peines légères de s’acquitter de leur sanction en réalisant des travaux utiles à la société, en lieu et place d’un emprisonnement.

 

Le ministre a précisé que plus de 500 détenus seront mobilisés dans 22 communes à travers le pays, notamment pour des activités telles que le curage de caniveaux, le ramassage d’ordures et la plantation d’arbres. L’objectif est à la fois la réhabilitation sociale des détenus et l’amélioration tangible des conditions de vie des populations.

 

 

Matériels remis et premiers coups de pelles donnés

Moment fort de la cérémonie, la remise de matériels destinés aux bénéficiaires du programme : gilets, bottes, brouettes, machettes, pelles, balais et autres équipements de travail ont été officiellement remis. Une manière de traduire l’engagement de l’État en gestes concrets, et de garantir que les bénéficiaires puissent travailler dans des conditions acceptables.

 

Par ailleurs, le ministère de l’Environnement a offert 2 200 plants d’arbres, destinés à la reforestation urbaine et rurale dans les zones d’intervention du THIMO. La cérémonie a d’ailleurs été ponctuée par une activité symbolique de plantation d’arbres, illustrant l’importance accordée à la durabilité environnementale du projet.

 

 

Les eaux et forêts, et les gardes de sécurité pénitentiaire

Une alternative utile à la détention

Cette initiative, au-delà de son impact visible sur le cadre de vie, trouve un véritable écho parmi les premiers concernés. P.S. (nom d’emprunt), détenu mobilisé dans le cadre du programme, n’a pas caché son émotion :

« Nous sommes très émus. Et nous remercions le chef de l’État pour cette initiative. Nous, de notre côté, nous allons nous y mettre afin que l’initiative soit un succès. Cette façon de faire est bénéfique pour nous, que de rester entre les quatre murs de la prison, oisifs. Et notre peine sera allégée. »

 

Les officiels en imagerie 

Son témoignage traduit le sens profond de la démarche : rendre la peine utile, ouvrir des perspectives et redonner espoir à ceux qui souhaitent se reconstruire. Le travail d’intérêt général devient ainsi une passerelle vers une réinsertion progressive, tout en soulageant les établissements pénitentiaires surpeuplés.

 

Des retombées attendues à court et moyen terme

Le ministre Sorgho a insisté sur le caractère non symbolique de l’initiative. Il s’agit d’une réforme pratique, dont les retombées sont mesurables : 150 kilomètres de caniveaux curés, 1 500 m² de déchets collectés et 10 000 arbres plantés d’ici la fin de l’année. Ces chiffres traduisent une volonté politique affirmée de faire du TIG un outil de transformation sociale et écologique.

 

Une mobilisation locale et institutionnelle saluée

Le président de la délégation spéciale de Ziniaré, Florent Daboné, a salué l’initiative, appelant la population à s’y engager pleinement pour assurer son succès. Pour lui, c’est ensemble, dans une dynamique participative, que les citoyens et les institutions locales peuvent contribuer à bâtir une commune plus juste et plus prospère.

Quand la sanction devient contribution

Au-delà de la répression, l’approche prônée par le gouvernement burkinabè donne une nouvelle dimension à la justice. Elle reconnaît la capacité des citoyens en conflit avec la loi à se réinsérer, à se rendre utiles et à participer à la construction de la Nation.

Le travail d’intérêt général, ainsi promu, devient un véritable levier de réconciliation entre la société et ses propres marges, et un vecteur de cohésion sociale.

 

Le Citoyen

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