Sécurisation du Réveillon : Immersion au Cœur d’une Patrouille de police à Ziniaré

Alors que les citoyens de la ville de Ziniaré s’affairaient à célébrer le réveillon de ce 31 décembre 2024 , la police quant à elle s’activait à leur garantir la quiétude. Un reporter de Yirimedia a suivi les policiers du commissariat de Ziniaré pour toucher du doigt leurs conditions de travail pendant la sécurisation.

Reportage

 

Le 31 décembre 2024, tandis que la ville de Ziniaré se prépare à célébrer le Nouvel An, les policiers du commissariat se consacrent à une mission cruciale : assurer la sécurité des personnes et leurs biens. Eux, ils vont faire le saint sylvestre loin du grand bruit des maquis et de l’ambiance familiale. Grâce à une immersion, le reporter de Yirimedia a découvert les réalités vécues par ces forces de sécurité. Il est 18h54 quand nous arrivons au commissariat de police de Ziniaré. Nos hôtes du jour, le lieutenant de police Soumaïla SAWADOGO, commandant du corps urbain de Ziniaré et le lieutenant de police Parfait KAMBOU, adjudant de compagnie, nous accueillent chaleureusement. Après les salamecs, ils nous indiquent un banc sur lequel nous prenons place.

 

Rassemblement, briefing et déploiement sur le terrain

Il est 19h00 , c’est l’heure du rassemblement. Les éléments en tenue se rassemblent, ils reçoivent un briefing clair du commandant SAWADOGO. Il ne s’agit pas de réprimer les usagers mais d’encadrer. Le commandant insiste : “Donc notre mission là-bas c’est la régulation. C’est quoi c’est la régulation ? on apprendra aux usagers à respecter le code de la route“. Avant de poursuivre en ces termes :”Normalement, on ne doit pas avoir un policier, un VADS à un feu et puis les gens ne vont pas respecter le feu .” Dotés de   leurs d gilets réfléchissants, ils embarquent dans un pick-up, direction, les carrefours névralgiques de la cité de Naaba Oubri. Ils doivent assurer la relève à une autre équipe qui était sur le terrain depuis 15h pour la régulation de la circulation.

 

Commandant Soumaïla SAWADOGO (en képi) et A.C Parfait KAMBOU (au téléphone) coordonnant les différentes sorties.

À 19h 30 des binômes motorisés, s’apprêtent à sortir, ils partent sécuriser des lieux de culte à Loumbila et Donsin. À 19h 40, plusieurs équipes arrivent de façon concomitante, et tout d’un coup l’ambiance devient féerique. Ça bavarde ici, ça se taquine là. Entre intimes, ils ont leur vocabulaire. Prom, la classe, capi, jeune ’homme, commandement, ce sont quelques appellations que nous avions pu capter. Assis toujours sur le banc aux côtés du fakir (NDLR : celui qui fait le thé), nous assistons à deux nouveaux départs. Un à 19h 55, c’est l’équipe de sécurisation de la célébration de la messe de 20h à la paroisse Saint Paul de Guiloungou.

20 h 10, le second aussi est prêt. C’est la Brigade de Recherche, appelée couramment B.R.

Dirigée par le lieutenant de police “SOBRE” (nom d’emprunt ), ses éléments patrouillent en civil, souvent à moto ou à pied. Leur mission consiste à sécuriser les zones criminogènes et mettre la main sur les malfaiteurs. Une de ses équipes mobiles vient d’ailleurs de conduire trois individus au poste, arrêtés dans des lieux à risque. Certains n’ont pas pu justifier leur identité, d’autres la propriété de leurs engins. Moussa BANDÉ, l’un des interpellés, trouve l’action policière justifiée et se dit prêt à attendre pour faire venir les papiers de son engin.

Moussa BANDÉ interpellé et conduit au poste pour non possession de document aux environs de l’école A de Ziniaré.

Et commandant SAWADOGO de nous dire :”Après si on trouve rien à leur reprocher, s’ils seront libres de leurs mouvements”.

Ronde en ville pour contrôler le dispositif 

21h44, nous embarquons dans un pick-up avec A.C KAMBOU à bord. Direction la ville pour une tournée de contrôle. Première halte, le rond-point de l’escale. Une équipe mixte(police nationale et police municipale) règlemente la circulation. Pendant que A.C. KAMBOU échange avec l’agent en poste, deux jeunes filles, Émilienne OUEDRAOGO et Adeline KONSEIBO, viennent pour négocier. Elles se sont remorquées à trois sur un engin qui aussi est sans éclairage. Après une brève sensibilisation accepté de leur part, elles sont libérées.

Émilienne OUEDRAOGO, Adeline KONSEIBO, interpellées pour s’être remorquées à trois.

Nous continuons à la paroisse saint Paul de Guiloungou. Sur place une équipe de policiers veille au grain. Rien à signaler(RAS), nous disent les éléments en poste. Ensuite, cap sur le rond-point du marché de Gueoghintenga. Ici une équipe mixte de policiers et de VADS assure la régulation. Ici aussi RAS, mise à part l’excès de vitesse de certains usagers.

 

Un VADS régulant la circulation au carrefour de Gueoghintenga en compagnie des policiers.

 

Nous sautons dans notre pick-up, direction carrefour de ramdaaga. Ce carrefour est relativement moins fréquenté que les autres, et la situation est plus calme. Quelques mots d’encouragement de la part de chef KAMBOU et nous reprenons le chemin du commissariat.

 

22h30 mn : Patrouille pédestre dans le zones à risque.

De retour au commissariat, nous rejoignons l’équipe de la B.R. pour une patrouille à pied dans le secteur 2. Nous entamons le bouclage à partir de la zone du marché central. Il faut avoir les jambes solides car la marche pourrait être longue. Les hangars et les maisons vides sont inspectés, de l’explication de nos compagnons, des personnes de mauvaise intention peuvent y élire domicile.

22h57, trois individus sont repérés dans la zone sombre de la médersa située à l’est du marché. L’un d’eux, s’appelle Delwendé OUEDRAOGO, il est commerçant. Interrogé, il explique qu’il était en train d’accompagner après fermeture de son commerce ses deux employées-filles à traverser la zone. Après vérifications de ses documents, il est autorisé à partir : Il n’éveille pas de soupçons. Discrètement mais sereinement nous continuons notre avancée. Un motocycliste est croisé aux alentours de la mosquée sunnite, Rodrigue Pengwendé TISSOLOGO, c’est son nom. Il se soumet volontiers au contrôle : papiers d’identité et coffre de moto. Selon ses déclarations, il revient de la messe du réveillon. Cet étudiant en aménagement du territoire exprime son soutien à ces mesures de sécurité.”c’est une bonne action. Ça aide vraiment parce qu’on n’en sait jamais“, affirme t-il.

 

Il se nomme Rodrigue Pengwendé TISSOLOGO, il se soumet au contrôle du coffre de sa moto aux environs de la mosquée sunnite.

 

La patrouille nous ramène au marché où nous trouvons une dame dans les allées. Nous l’interrogeons sur les motifs de sa présence en ces lieux, à 23h30, une heure jugée tardive. Dans un sourire empreint de timidité, elle se défend : “Je suis venue pour me natter ici. C’est vrai qu’il fait tard mais c’est parce qu’aussi le salon coiffure est toujours ouvert”.

 

La police en train de contrôler l’identité d’une dame trouvée à une heure tardive à l’intérieur du marché.

C’est le dernier contrôle, nous rallions donc le commissariat, il est exactement à 23h45 mn à notre montre. Fin de mission pour nous mais le job continue pour nos compagnons d’il y a quelques minutes. Cette fois ci ils sortent à motos pour sillonner la ville jusqu’à l’aube. Bien que le réveillon soit passé, les consignes de sécurité restent de mise pour tous.

Alassane OUEDRAOGO

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