Entretien : Idrissa SAWADOGO, l’étoile scolaire de Ziniaré décroche une bourse en maintenance industrielle pour le Maroc

Idrissa SAWADOGO fait partie des meilleurs élèves du baccalauréat session 2024 au Burkina Faso. Il a décroché le premier diplôme universitaire en série C avec une mention bien. Le brillant élève du lycée scientifique de Ziniaré, grâce à ses bons résultats, a obtenu une bourse en maintenance industrielle pour deux au royaume chérifien (Maroc). Entre sa passion pour le journalisme et son parcours scolaire, le jeune bachelier se confie à cœur ouvert à Yirimedia, sa maison, dans un entretien réalisé le 22 aout 2024.

 

Yirimedia : Est-ce que vous pouvez vous présenter ?

 

Idrissa SAWADOGO (I.S) : Je suis Idrissa Sawadogo. Élève au lycée scientifique de Ziniaré. Je viens d’obtenir mon baccalauréat série C, option mathématiques et physique-chimie. Je suis aussi kid-journaliste à Yirimedia.

 

Yirimedia : Comment êtes-vous venu dans le journalisme ?

 

I.S : Il faut dire que c’est après l’obtention de mon brevet c’est à dire mon BEPC que j’ai décidé de suivre mon professeur d’anglais, monsieur OUEDRAOGO, qui était déjà dans le journalisme. Ce n’était pas pour quelque chose de lucratif, c’était juste pour me former et connaître le domaine professionnel et puis me cultiver davantage. Malgré mon caractère scientifique, j’éprouvais de l’amour pour les matières littéraires ce qui m’a d’ailleurs poussé à venir faire le journalisme à Yirimedia.

Yirimedia Quel a été l’intérêt, aviez-vous tiré de la pratique du journalisme ?

 

I.S : En tant que kid-journaliste, j’ai pu me former et surtout me cultiver davantage, ce qui me permettait d’être à un niveau un peu plus avancé par rapport à mes camarades de classe. J’étais informé presque de tous les faits du pays, mes professeurs disaient que j’étais cultivé. Je suis aussi U-reporter (NDLR : Une initiative de l’UNICEF), le journalisme est venu renforcer ce niveau. Donc c’est la passion qui m’a attiré.

Yirimedia : Est-ce que vous pouvez nous parler de votre parcours scolaire ?

I.S : J’ai fait mon CP1 jusqu’au CM2 à l’école A de Ziniaré. Après mon CEP en 2017 j’ai continué au Collège d’enseignement Nongtaaba. Au début, ce n’était pas facile. On a commencé les cours sous des paillotes. Ça me rappelle quand-même des moments les plus ardus. Donc j’ai fait de la 6e à la 3e au CEG Nongtaaba et j’y ai obtenu mon BEPC avec une moyenne de 17,27. J’ai en même temps été retenu pour aller au lycée scientifique de Ziniaré. J’ai donc continué en 2nd C et cette année 2024, j’ai obtenu mon BAC avec une mention bien. On s’attendait à une mention très bien mais Dieu le veut, on a eu la mention bien. Cela m’a permis d’obtenir une bourse marocaine pour continuer mes études universitaires.

 

Yirimedia : Dans quelles circonstances avez-vous obtenu cette bourse marocaine ?

 

I.S : Il faut dire que c’est une bourse où la sélection se fait en deux phases. Il y a la présélection et là on se base sur les moyennes en classe. Je veux dire des moyennes des trimestres. On a donc bossé dur dès le premier trimestre.

Je me rappelle même que j’ai même traité le sujet de mathématiques du BAC 2023 et l’envoyer à mon professeur alors que j’étais encore en classe de première, le professeur était content. C’était sans l’encadrement d’un professeur, je lisais les mathématiques, j’essayais de comprendre les premiers chapitres. Je travaillais et faisais des exercices pour comprendre. C’est ce qui m’a motivé à me dire que c’est une série où je peux m’en sortir. Toutes les conditions n’étaient pas réunies mais on a travaillé pour réussir.

 

Yirimedia : Vous avez obtenu une bourse pour continuer les études en maintenance industrielle, qu’est-ce qu’on étudie dans cette filière ?

 

I.S : J’ai été retenu dans la filière maintenance industrielle pour une durée de deux ans.

Dans cette filière, on fait presque tout : l’électricité, la mécanique, la conception, l’électrotechnique. Beaucoup de choses qui rentrent dans l’industrie, on sera en mesure de maintenir une industrie. Après les deux nous sortons avec un diplôme universitaire de technologie (D.U.T).

 

Yirimedia : On revient un peu en arrière, est-ce que vous vous rappelez d’un reportage que vous avez fait à Yirimedia, qui vous a marqué ?

 

Idrissa SAWADOGO (en main le téléphone rouge) é reportage sur le site de la poterie de Guiloungou.

I.S : Oui, je me rappelle qu’en cours d’année 2024, notre lycée qui était nouvellement construit le hangar administratif est tombé sous l’effet de la pluie et j’ai rapporté ce fait au journal Yirimedia, qui a diffusé l’information. Et quand les gens ont vu, ils ont apprécié parce que j’ai apporté quelque chose. Ce reportage m’a vraiment chaud au cœur.

 

Yirimedia : Comment vivez-vous déjà le fait que vous allez quitter le pays pour le Maroc pour les études ?

 

I.S : Oui, lorsque j’ai vu dans la liste que j’étais retenu, j’étais content. Maintenant, à quelques jours du départ, on est forcément triste parce qu’on va quitter des personnes vraiment chères, c’est ça qui nous attriste. Mais on se dit que deux ans c’est peu, ca va passer vite, on pourra revenir au pays. Ce que l’on leur demande c’est de nous bénir pour la suite. Le combat ça commence ,notre professeur de PC nous disait que lorsque tu gagnes le bac ,tu es maintenant zéro du repère. Nous nous étions dans la partie négative du repère, et maintenant nous sommes au niveau zéro. C’est ici maintenant qu’on a besoin de l’accompagnement de tous.

 

Yirimedia : Quel est votre mot de fin ?

 

I.S : Je voudrais dire merci à mes professeurs, merci à Yirimedia, merci aux jeunes de Ziniaré, à U report. Merci à ma famille qui me soutient dans mon cursus scolaire. Merci à ma maman !

 

Propos recueillis par Sidpawalmdé

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