Développement : «Un pays comme le Burkina Faso, on importe même les cures-dent » Moumouni DIALLA, président de l’UPJ.

Moumouni DIALLA est un jeune burkinabè qui se fait distinguer depuis son accession à la tête du Conseil de la Jeunesse du Burkina Faso en mai 2018. Depuis lors il fait rayonner l’image du Burkina au delà de nos frontières à travers son engagement. Cela lui a permis d’avoir plusieurs distinctions au niveau du pays et même au niveau continental.grâce à son leadership il a été coordonnateur des CNJ du G5-Sahel en avril 2019. Depuis le 16 novembre 2021,il a été porté à la tête de l’Union Panafricaine de la Jeunesse (U.P.J) à Niamey au Niger lors du 4ème congrès. Qu’est ce que l’U.P.J ? Quels sont les enjeux pour le Burkina d’avoir un fils à la présidence de cette structure ?Est-ce que cette nouvelle mission ne va pas porter un coup au fonctionnement du CNJ?Moumouni DIALLA a bien voulu se prêter aux questions de Yirimedia.com pour apporter plus lumière autour de sa nouvelle fonction.

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Moumouni DIALLA, président de L’Union Panafricaine de la Jeunesse (U.P.J)

Yirimedia :Vous avez été porté à la tête de l’Union Panafricain de Jeunesse (U.P.J) le 16 novembre 2021, Présentez nous cette institution.

Moumouni DIALLA (M.D) : Il faut dire que l’Union Panafricaine de la Jeunesse (U.PJ) est l’héritiere du Mouvement panafricain des Jeunes(M.P.J) et le MPJ a été créé en 1962 c’est à dire, deux (02)ans avant la création de l’Organisation pour l’unité Africaine(O.U.A ancêtre de l’U.A,NLDR). Donc ce mouvement était animé par les Etat à travers les ministères des jeunes. C’est à partir donc de 2003 que la décision a été prise lors d’une rencontre du M.P.J de transférer ce mouvement donc aux jeunes eux-mêmes et il a pris désormais le nom de l’Union Panafricaine de la Jeunesse. Ensuite cette décision a été actée et entérinée par les chefs d’Etat à Banjul en 2006 lors de l’adoption de la charte africaine de la jeunesse qui a transféré la gestion donc à la couche juvénile.Le premier congrès va être tenu en 2011 pour mettre en place le premier bureau. Donc depuis 1962 à nos jour c’est une organisation qui a existé mais le Burkina Faso n’avait pas encore eu la chance d’être à un poste de responsabilité.

YM: Comment le Burkina Faso a réussi à se positionner à la tête de l’U.P.J face aux candidats qui étaient aussi de taille?

MD: Tout à fait, il y avait principalement cinq (05) candidats en course notamment le Burkina Faso, les deux Congo c’est-à-dire Kinshasa et Brazzaville, le Cameroun et le Nigeria. Dans la course, il y a les trois autres qui ont abandonné et c’était le Cameroun et le Burkina Faso qui sont allés jusqu’aux élections. Comment nous avons fait ? Il faut savoir que toute l’élection demande une stratégie et cette stratégie a été pofinnée de concert avec l’ensemble des jeunes du Burkina qui se sont mobilisés. Mais aussi la mise en contribution de la diplomatie internationale et nationale du Burkina Faso pour que la candidature soit approuvée par les autres pays parce qu’il s’agissait d’un pays-une voix.Il fallait avoir la majorité des voix pour être élu donc à la présidence et nous avons mis cela en avant.Le deuxième aspect, nous avons présenté un programme qui aux yeux des jeunes était le plus viable et le plus important au regard de la situation de la jeunesse. Le troisième élément, nous ne sommes pas aussi novice du milieu associatif, que soit au niveau du Burkina ou à l’international je pense qu’aujourd’hui le Conseil national du Burkina a pu se positionner comme une organisation importante et influente,de référence parmi les autres CNJ. Le quatrième aspect est que c’est une candidature voulue par un certain nombre de leaders au niveau-Afrique . Donc vous verrez qu’il y a plusieurs pays et des camarades qui se sont mis ensemble pour porter cette candidature afin que la présidence revienne au Burkina Faso.

YM: Quel est l’enjeu pour le Burkina Faso d’occuper une telle responsabilité au niveau international?

MD: Oui les enjeux sont énormes. Parce qu’à travers cette responsabilité le Burkina va désormais faire partie de ceux qui portent la voix des jeunes au niveau continental pour que des décisions soient prises donc tout naturellement nous aurons à porter la voix des jeunes au niveau Afrique en tenant compte que des autres pays mais surtout de notre pays dans lequel nous sommes sortis.Et cela c’est important, c’est un enjeu de taille de sorte à influencer les décisions conformément à nos préoccupations et aux intérêts liés à notre pays. Troisième élément, vous ne pouvez pas vivre en otarcie et il faut être ouvert au reste du monde et je pense que c’est un processus qui va nous permettre d’anticiper sur un certain nombre d’éléments.Et aussi de conquérir un certain nombre d’élément au profit de notre pays en matière de stabilité en matière de leadership, de diplomatie mais de mobilisation des partenaires pour la construction de notre pays.

YM: Maintenant avec votre élection au niveau de l’UPJ, ce sont de nouvelles charges pour vous,est ce que le fonctionnement du CNJ-BF dont vous êtes aussi Président,ne va pas prendre un coup?

M D: Non pas du tout, au niveau du pays, je travaille avec une équipe. C’est un groupe de personnes qui compose le bureau. Et ce groupe de personne est nanti, a le bagage nécessaire et connait le milieu associatif et connait le Conseil (CNJ:NLDR). Mes collaborateurs,je leur fais entièrement confiance pour qu’ils puissent conserver la dynamique qui était déclenchée au niveau du Burkina Faso parce que je serai plus à l’international pour des questions au niveau continental. c’est cela qui permettra au CNJ,c’est normal. Mais je pense c’est aussi qui permettra au CNJ-BF d’aller au plus haut niveau. Parce que c’est le leadership que nous avons au niveau national qui sera l’image de ce que nous ferons au niveau continental et ça peut-être un grand atout pour l’accélération du règlement d’un certain nombre de problèmes liés à notre jeunesse. Pour moi c’est un atout et cela va permettre au Conseil national Burkina d’être plus actif que de sombrer.

YM: À quels dossiers compter vous attaquer pendant votre mandat à l’union panafricaine de la jeunesse?

MD: Il faut dire le premier dossier sera la mobilisation de la jeunesse à la construction de notre Afrique notamment à la recherche de la sécurité parce que l’Afrique est aujourd’hui le continent de tous les maux. Donc nous allons à travailler à avoir une Afrique où la vie est possible et enviée .Donc le premier chantier sera la mobilisation de la jeunesse pour relever les défis de notre continent et donc les défis liés à la sécurité, la paix, la santé, la formation professionnelle des jeunes, l’emploi, de l’entreprenariat et à tout ce qui vous pouvez imaginer et cela conformément aux objectifs de développement durable (ODD). Le deuxième aspect sera la création d’un fonds africain pour la jeunesse qui à notre avis est extrêmement important qui devra permettre aux jeunes de mettre en œuvre des projets importants et nécessaires qu’ils ont pour leur continent.Et nous allons travailler pour que cela soit une réalité. Le troisième élément, est la promotion du leadership féminin. Vous savez quand vous prenez le Maghreb le leadership féminin est toujours un tabou ou la jeune fille est relayée au second plan et il faut travailler à promouvoir la jeune fille et mettre en exergue les compétences qu’elle a car on a besoin du concours de tous pour mieux bâtir.

 Le quatrième élément est le défi de pouvoir mettre en valeur la culture africaine parce que quand nous regardons aujourd’hui les africains ne sont pas contents d’être africains et chacun cache son côté africain et on tend plus à l’européanisation ou l’américanisation et les gens sont plus à l’aise en tant d’une autre nationalité qu’en étant africain. Le cinquième élément c’est la connexion entre les jeunes des différents continents quand vous regardez les rencontres en Afrique sont unilatérales c’est-à-dire c’est entre africains et vous ne verrez jamais une rencontre africaine avec les autres continents et même les rencontres qui se délocalisent en Europe ce ne sont que des jeunes africains qui l’animent sous la supervision des partenaires européens.Il faut que nous changions de paradigme pour permettre des rencontres jeunes avec les différents continents de sorte à partager certaines valeurs et aussi certaines bonnes pratiques et expériences et cela à notre avis est extrêmement important. Le sixième élément c’est comment on appuie les pays à travers les conseils nationaux de jeunes à la planification, à la mise en œuvre des politiques qui sont en lien avec les préoccupations des jeunes. Quand vous regardez dans les pays africains, on met des politiques en place qui n’ont rien avoir avec les aspirations des populations à fort raison les aspirations des jeunes donc il faut réorienter les politiques publiques mais là il faut appuyer les Etats à le faire et appuyer les jeunes à influencer dans ce sens. Le septième élément c’est la dynamisation et la création des conseils nationaux des jeunes dans les pays dans lesquels ça ne se trouve. Depuis la signature de la charte africaine en 2006, on ne peut pas comprendre que des gens peinent à créer les conseils nationaux de jeunesse et on ne peut pas comprendre que ça ne fonctionne pas dans certains pays et on fait tout pour que les jeunes ne se retrouvent pas et qu’il n’aient pas de cadre fédératif de la jeunesse. Donc notre rôle sera de renforcer les capacités des conseils nationaux de jeunesse déjà existants de les valoriser et de leur permettre d’avoir tous les moyens nécessaires pour mener leurs missions et de travailler à créer les conseils nationaux dans les pays où cela n’ existe pas. Et voilà les sept points pour le mandat de trois(03) ans. Il faut signalez que nous n’avons qu’un mandat de trois(03) ans avec un continent de cinquante -cinq(55 )pays.

YM: Comment comptez-vous prendre pour la mobilisation de la jeunesse face aux défis actuels?

MD:Il faut dire que quelque soit ce ce que dit, nous avons un énorme potentiel et une véritable force, c’est la jeunesse.Vous savez plus de 70% de la populations africaines sont jeunes donc cela doit être un atout et un avantage pour le continent africain.D’être en avant que par rapport aux autres parce que la créativité, l’imagination, le dynamisme c’est la jeunesse. Donc nous allons les mobiliser en mettant en avant un certain nombre de valeurs. Il faut ressortir les valeurs qui sont les valeurs de bravour, travail, de dignité, d’honnêteté qui sont les valeurs africaines. Il faut réorienter la jeunesse africaine dans le contexte africain avec de nouvelles valeurs tout en tenant compte des mutations du monde de l’avancée de la technologie.

YM: Donc qu’attendez-vous de la jeunesse atteindre ces priorités citées?

MD: J’attends de la jeunesse africaine, une jeunesse consciente. Qui mesure les enjeux de notre continent et qui va s’émanciper car il ne faut pas continuer à être un démi-homme comme dans le moyen-âge. Il faut maintenant montrer que nous avons des capacités et des valeurs. Que nous avons une certaine adaptabilité et capacité à répondre aux choses. Quand vous regardez en termes de technologie nous sommes très en arrière, vous prenez un pays comme le Burkina Faso, on importe même les cures-dent, on en fabrique pas. Les africains ont été les premiers hommes à aller sur l’eau mais l’eau est contrôlée aujourd’hui par ceux qui sont venus après nous. Tout ça ce sont des choses qui doivent pousser les jeunes africains à s’émanciper, qu’ils prennent conscience des difficultés que vit notre continent.

YM:On va terminer avec le cas de notre pays le Burkina Faso qui est en proie aux attaques terroristes, quelle est la solution de la faîtière de la jeunesse du Burkina(CNJ) pour que la paix revienne ?

MD:Le terrorisme aujourd’hui est un véritable problème pour le Burkina et l’ensemble des burkinabè même l’Afrique. C’est un phénomène qui met en mal les efforts de développement. Donc que tu sois jeune, femme ou homme, nous avons intérêt à nous mobiliser pour la paix et la stabilité afin que les programmes de développement puissent être mis en œuvre. Et en cela la jeunesse du Burkina Faso s’est mobilisée . Quand vous regardez que ce soit dans les rang des volontaires de défense pour la patrie(VDP) ou des militaires au front tous sont grande partie des jeunes. Donc la mobilisation de la jeunesse a été, et le sera.Comme vous savez dans l’histoire du pays ceux qui l’ont marqué positivement sont les jeunes. donc je ne sais pas de quoi on parle mais il faudrait aujourd’hui que cet engagement demeure et reste et qu’il ait une volonté manifeste de jeunesse d’encourager ces actions citoyennes de la jeunesse pour qu’elle sente qu’elle mène un combat qui est connu et salué par tous .Nous allons continuer notre rôle en tant que conseil national de la jeunesse à sensibiliser, à appeler surtout à une collaboration entre les jeunes et les forces de défense et de sécurité mais puis il reviendra au gouvernement de jouer sa partition de sorte à ce que ceux qui sont sur le terrain se sentent accompagnés soutenu par ceux qui n’ont pas la capacité d’y aller .

Entretien réalisé par Rokia KOBRE

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