Kaya : ACCED et IPBF lèvent le tabou sur les menstrues

À l’occasion de la Journée mondiale de l’hygiène menstruelle, une conférence publique a réuni jeunes filles, autorités sanitaires et acteurs communautaires à Kaya, ce lundi 3 juin 2025. Objectif : briser les tabous et promouvoir une gestion saine et digne des menstrues. L’initiative est de l’Association Cri de Cœur pour l’Équité et le Développement (ACCED.

 

Sous le thème « Gestion hygiénique des menstrues et précarité menstruelle », l’Association Cri de Cœur pour l’Équité et le Développement (ACCED) a initié une rencontre publique à Kaya, avec l’appui financier de l’Initiative Pananetugri pour le Bien-être de la Femme (IPBF). Une activité qui s’inscrit dans le cadre de la Journée mondiale de l’hygiène menstruelle, célébrée chaque 28 mai.

Une réponse adaptée à un contexte sensible

Pourquoi Kaya ? La question ne se pose pas. La région du Centre-Nord, fortement affectée par l’insécurité et les déplacements de populations, connaît aussi une vulnérabilité accrue en matière d’hygiène féminine.

 

« Cette activité entre dans le cadre d’un projet plus large visant à sensibiliser sur l’hygiène menstruelle, en brisant les tabous qui entourent les règles. Nous avons voulu intervenir ici, au Centre-Nord, parce que les femmes et les filles déplacées sont particulièrement touchées par le manque d’accès aux produits d’hygiène et à l’information », explique Safiatou Tao, chargée de projet à l’IPBF.

 

De gauche vers drte, TAO Safiata, chargée de projet à IPBF, KI Caroline, Responsable santé de la reproduction à la Direction régionale de la santé, Bedaré OUEDRAOGO, représentant ACCED.

 

Un appel à l’action communautaire

 

Pour Bédaré Ouédraogo, chargé de projet à ACCED, cette conférence est une opportunité pour mobiliser davantage d’acteurs locaux autour de la question :

 

Bedaré OUEDRAOGO représentant ACCED.

« L’hygiène menstruelle ne doit pas être un sujet secondaire. Si les filles et les femmes ne sont pas accompagnées, cela crée des problèmes sanitaires, sociaux et psychologiques. » Un message bien compris par les participantes, venues nombreuses échanger sur ce thème encore trop souvent passé sous silence.

 

Les autorités sanitaires saluent l’initiative

La Direction régionale de la Santé a marqué sa présence. Caroline Ky, sa représentante, n’a pas caché sa satisfaction :

« C’est un thème crucial. Il est temps que nos filles puissent vivre leurs cycles menstruels sans honte ni gêne. Cette formation contribuera à lever les tabous et à favoriser leur épanouissement. »

 

 

 

Des participantes engagées

 

Côté bénéficiaires, le sentiment est unanime. Pour Aminata Ouédraogo, cette rencontre est un déclic :

« C’est un sujet délicat qu’on n’aborde pas assez. Cette activité m’a permis de comprendre l’importance de parler des menstrues aux filles dès leur jeune âge.»

 

Des participantes à la conférence publique.

La conférence de Kaya n’est que le début. ACCED et IPBF annoncent d’autres activités dans plusieurs localités du pays : sensibilisations communautaires, émissions radio, ciné-débats, toujours autour de l’hygiène menstruelle.

 

Un engagement fort, dans un pays où les règles restent encore synonymes de silence, de gêne et parfois même de stigmatisation. L’heure est venue d’en parler. Sans honte.

 

Le citoyen

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