Journée mondiale de la radio : Les auditeurs, des véritables ambassadeurs de la voix des ondes

Ce 13 Février 2025 marque la journée mondiale de la radio, une date choisie pour célébrer ce média qui résiste au temps. Malgré l’émergence des plateformes numériques et des réseaux sociaux, la radio bénéficie toujours d’un grand ancrage auprès des populations au Burkina Faso. Mais derrière chaque fréquence, il y a des fidèles, des passionnés, des ambassadeurs de l’ombre ils incarnent la puissance de cet outil. Dans la province de l’Oubritenga, ils sont nombreux à aimer la radio et à vivre la radio ,et se sentir partie prenante de la famille radiophonique. Entre souvenirs, engagements et vœux, Yirimedia vous plonge dans l’univers de ces auditeurs qui font vivre les ondes.

Saasnaaba Ouédraogo de fidèle auditeur, il devient animateur à la radio.

 

Une fidélité tissée au fil du temps

 

Il est 10h mn quand nous frappons à la porte de Mme Haoua Guindo, épouse Ouédraogo, dite Mme Barou, une inconditionnelle de la radio .

Sous l’ombre d’un manguier au milieu de sa cour au secteur 2 au Ziniaré, Mme Barou, se remémore ses premiers souvenirs. Ses propos sont est teintés de nostalgie.« Depuis toute petite, j’écoute la radio. À l’époque, c’était Radio Burkina, Radio Mali et Africa n°1. On suivait surtout l’émission « Conseils des femmes » de Fanta Ouattara et les dédicaces en dioula de Baba Karambiri. Pendant la Révolution, dans les années 1983-84, on se rassemblait sous un arbre au Sourou, on préparait du thé et on écoutait. C’était un rituel. Mon mari était enseignant dans cette zone.» Aujourd’hui encore, Mme Barou ne se sépare jamais de son poste radio. « Avant, j’avais un Panasonic que je portais partout. Un jour, je l’ai même oublié autour de mon cou pour aller en réunion ! » dit-elle avec un sourire nostalgique aux lèvres.

 

Haoua Guindo épouse Ouédraogo dite Mme Barou en train d’accorder une interview à Yirimedia sur la journée mondiale de la radio.

    La place de la radio dans leurs vies.

 

Pour ces auditeurs, la radio est bien plus qu’un simple outil d’information. Elle est une compagne de vie, une source d’apprentissage et un espace d’expression. Jean de Dieu Ouédraogo, plus connu sous le nom de « DG de Ya Ya Boin », la star des émissions interactives en témoigne : « La radio m’apporte une ouverture d’esprit incroyable. L’information est une richesse, elle nous permet d’être préparés aux réalités du monde. Moi, j’écoute à toute heure, que je travaille ou pendant mon sommeil » Grâce à la radio, il a construit vaste un réseau , en terme de relations humaines. « Les auditeurs sont considérés comme des leaders d’opinion. Parfois, on nous sollicite pour débloquer des situations, parce qu’on fait partie de cette grande famille radiophonique.”, témoigne t-il avec beaucoup d’assurance.

Zakaria Traoré alias Yamsaba, suit la radio régulièrement depuis 1996.

Zakaria Traoré, alias Yamsaba, suit la radi de façon régulière depuis les années 1996, nous le croisons fortuitement dans une ruelle de la ville vers les anciens cimetières .Il partage la même passion que Jean de Dieu. Depuis des années, il investit du temps et de l’argent pour faire vivre les émissions dédicaces en mooré. Il raconte :« Je payais 5000 FCFA par mois pour que mes dédicaces appelés concerts passent sur la radio Savane FM tous les samedis. Avec la naissance de la radio Vénégré, j’ai intégré un club d’auditeurs et j’ai été désigné responsable à l’organisation. » Grâce à son dynamisme, il s’est vu confié une émission sur la radio Bassy, une plage horaire entièrement dédiée aux auditeurs. Une émission qui fait la visibilité des membres du club des auditeurs et de leurs évènements sociaux « Aujourd’hui, j’ai même créé un groupe WhatsApp où nous échangeons sur les sujets liés à la radio mais aussi de nos affaires sociales” , fait il savoir.

 

Ils vivent réellement la radio…

Pour certains, la radio n’est pas seulement une passion : C’est une vocation. C’est le cas de Saasnaaba Ouédraogo, animateur à la radio Vénégré. La main droite caressant la table du studio où nous l’interviewons, il confesse:« Depuis mon enfance, j’étais obsédé par la radio. Quand j’écoutais une émission, il ne fallait surtout pas me déranger, il ne fallait pas me parler. J’allais jusqu’à des piles en cachette, une fois mon père sorti, j’utilisais son poste radio en cachette ! “. Malgré son handicap visuel, il a su s’imposer comme une voix incontournable des ondes locales. « La radio m’a ouvert l’esprit et m’a offert une chance unique. J’étais prêt à travailler, même gratuitement à la radio. Ma passion était sans limites. Mais depuis 2013, j’ai la chance d’être officiellement intégré à l’équipe de la radio Vénégré. », déclare avec un air d’avoir remporté une bataille importante.

À l’en croire son engagement lui vaut parfois des gestes de reconnaissance inattendus. « Il arrive que, grâce à la radio, quelqu’un me paie mon repas au restaurant. Ce sont des petites choses, mais elles montrent l’impact de ce média dans nos vies. “, nous dit-il.

 

Leurs vœux pour l’avenir 

À l’occasion de cette journée mondiale, ces ambassadeurs expriment leurs souhaits pour l’avenir de la radio. « Nous devons être unis et travailler ensemble pour faire avancer nos radios », insiste Mme Barou. « Il faut des émissions qui conseillent les femmes et qui donnent des informations fiables », cette burkinabè d’origine malienne. Yamsaba, lui, interpelle les professionnels du secteur : « Je demande aux travailleurs de la radio respecter les auditeurs. Sans nous, la radio ne peut pas exister. » Jean de Dieu Ouédraogo, de son côté, rend hommage aux acteurs radio : « Que Dieu donne la force aux animateurs et techniciens, pour qu’ils continuent à informer et divertir. » Saasnaaba conclut avec émotion : « La radio est plus qu’un média. C’est un lien social, un repère, une lumière dans nos quotidiens. »

 

Saasnaaba Ouédraogo de fidèle auditeur, il devient animateur à la radio.

Dans les studios et les foyers, à l’ombre d’un arbre ou dans une boutique au sein de ce marché bruyant, la radio demeure cet outil qui rapproche les cœurs et éveille les consciences. Et derrière chaque onde , il y aura toujours un passionné pour vivre la magie des la radio.

Le citoyen 

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